CAN 2013 - Finale: Le Nigeria bat le Burkina
et signe son grand retour

Publiť par AFP le Dimanche 10 Fťvrier 2013 ŗ 22h01 - Focus, CAN 2013

Le Nigeria de Stephen Keshi a décroché son troisième titre de champion d'Afrique en battant en finale de la CAN 2013 le Burkina Faso, grosse surprise du tournoi, ce dimanche 10 février 2013 à Johannesburg. Les Supers Eagles retrouvent ainsi leur rang du début des années 1990.

crťdit: ¬© Rebecca Blackwell - AP - SIPA
Durban - Afrique du Sud, 6 février 2013. Elderson Echiéjilé, Ogenyi Onazi et Ideye Brown célèbrent un but, lors du match Nigéria-Mali comptant pour les 1/2 finale de la Coupe d'Afrique des Nations au stade Moses Mabhida.
 

Les Nigérians, qui succèdent à la Zambie et disputeront leur première Coupe des Confédérations (15-30 juin au Brésil), renouent avec une histoire glorieuse, celle des titres de 1980 et surtout 1994, lorsque les Eagles étaient devenus les Super Eagles à la faveur du titre continental et d'une première participation à une Coupe du monde.

C'√©tait alors la g√©n√©ration en or des Okocha, Amokachi, Yekini, et... Stephen Keshi, actuel s√©lectionneur et qui a donc remport√© la CAN comme joueur et entra√ģneur, le seul dans ce cas avec l'Egyptien Mahmoud El Gohary.

Une beau come-back pour le "Big Boss" à l'aura écornée par des expériences mitigées au Togo et au Mali, et d'autant plus savoureux qu'en dépit de son pedigree et de son record de population en Afrique (162 millions d'habitants), le Nigeria avait abordé cette CAN-2013, pour une fois, en outsider, après avoir été absent de l'édition précédente.

 

L'équipe, délestée de monstres sacrés (Odemwingie, Martins), se présentait comme un amalgame entre joueurs du cru (Oboabona, Mba), jeunes qui montent en Europe (Moses, Emenike) et expatriés chevronnés (Obi Mikel, Enyeama).

Et comme un symbole de la patte Keshi, c'est le milieu inconnu, Mba, d√©j√† auteur du but d√©cisif contre la C√īte d'Ivoire en quart (2-1), qui a mat√©rialis√© la victoire finale d'un superbe encha√ģnement: coup du sombrero pied droit sur Koffi et reprise lob√©e pied gauche venant se d√©poser dans le petit filet oppos√©, sous les yeux d'un Diakit√© statufi√© dans la cage burkinab√® (40e, 1-0).

 

Pitroipa transparent

 

Le Nigeria a confirmé dimanche la puissance souveraine qu'il dégageait au fil des matches à élimination directe. Il n'avait guère brillé au premier tour, avec des nuls contre le Burkina et la Zambie (1-1) et une victoire sur l'Ethiopie arrachée in extremis sur deux penalties (2-0). Puis était singulièrement monté en régime en battant le favori ivoirien (2-1) avant de souffleter le Mali en demi-finale (4-1).

Le Burkina, qui avait jou√© deux prolongations en quart (1-0 a.p. contre le Togo) et en demi-finale (1-1 a.p., 3-2 t.a.b. face au Ghana), n'avait plus vraiment de jus. Vendredi √† l'entra√ģnement, "c'est vrai que tout le monde avait les jambes lourdes", avait relev√© son s√©lectionneur Paul Put, en pestant contre la dizaine d'heures pass√©es la veille √† l'a√©roport de Nelspruit.

 

Et le Nigeria, au gré d'un rythme assez lent et dans une partie peu spectaculaire, n'a donc pas eu à forcer, tant il a étouffé les Etalons, qui ne se sont révoltés que dans la dernière demi-heure seulement, à l'image de ce tir de Sanou rasant le montant (74e).

De bien inoffensifs Etalons: Pitroipa était sur le terrain, autorisé à jouer après la levée de son carton rouge injustement reçu en demi-finale, mais il n'était pas vraiment là, transparent et producteur d'un rare déchet technique. Et les tentatives de Bancé n'ont jamais inquiété Enyeama (25e, 28e, 59e).

 

Et tant pis pour le Nigeria s'il fallait faire sans Emenike (touché à une cuisse en demi-finale et forfait dimanche), le meilleur buteur du tournoi à égalité avec le Ghanéen Wakaso (4 buts), et que son remplaçant Uche n'a rien fait, lui-même remplacé dès la 48e minute.

Peu importe le caract√®re chiche des situations nig√©rianes, avec cette frappe excentr√©e d'Ideye et d√©tourn√©e par Diakit√© comme seule occasion nette (48e). Moses s'est d√©men√©, mais sans pr√©cision dans le dernier geste, l√† o√Ļ Obi Mikel au milieu √©tait pr√©cieux. Ideye et Musa n'ont pas davantage √©t√© tranchants. Mais le milieu et la d√©fense nig√©rians √©taient sup√©rieurs.

Les Super Eagles avaient pris le match dans leurs serres. Et ainsi le trophée, direction Lagos.