CAN 2013 - Ghana: 4ème demi-finale pour
Asamoah Gyan

Publié par AFP le Mardi 5 Février 2013 à 19h01 - Focus, CAN 2013

Avec la sélection nationale ghanéenne qui affronte le Burkina Faso ce mercredi 6 février 2013, Asamoah Gyan retrouve pour la 4e fois le dernier carré d'une Coupe d'Afrique.

crédit: © JEFFROY GUY - SIPA
Port Elizabeth - Afrique du Sud, 24 janvier 2013. Asamoah Gyan lors du match Ghana-Mali comptant pour la Coupe d'Afrique des nations.
 

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans, pourrait dire l'attaquant, à 27 ans seulement, en reprenant Baudelaire. Car Gyan a débuté très jeune (première sélection à 17 ans) et a tout connu, la Coupe du monde, l'Europe, l'exil dans le Golfe, les Coupes d'Afrique... tout, sauf la consécration continentale que tout un pays lui réclame, à lui la vedette nationale.

Et c'est cette expérience en CAN qui a haché sa carrière, alors qu'il s'était révélé à la face du monde en étant le premier Ghanéen à marquer un but en Coupe du monde, en 2006.

Lors de la CAN-2008 disputée à domicile et achevée sur la troisième marche du podium, il menace de quitter l'équipe, avec son frère aîné Baffour, après les menaces de mort consécutives à ses ratés devant les cages adverses.

 

En 2010, retour en grâce. Il emmène des Black Stars de fortune jusqu'en finale grâce à ses buts décisifs en quart et en demi-finale. Mais le Ghana doit s'incliner devant la puissante Egypte (1-0).

En 2012, en demi-finale, il tire un penalty que détourne le gardien zambien Kennedy Mweene, grand spécialiste de l'exercice. Un an et demi après son fameux penalty raté en quart de finale du Mondial-2010 face à l'Uruguay, Gyan est touché. Il prend du recul pour se "reconstruire psychologiquement".

 

Chanteur de hiplife

 

Il promet dès lors de ne plus tirer les penalties, et c'est d'ailleurs le milieu Wakaso qui s'est chargé par deux fois de la sentence dans la CAN actuelle. Son tournoi est pour l'instant à l'image de sa carrière internationale, contrastée.

Il y avait l'idée d'une montée en puissance lors du premier tour: inoffensif et auteur d'un beau loupé seul devant le but contre la RD Congo (2-2), il s'était montré plusieurs fois dangereux contre le Mali (1-0). Avant un match-référence contre le Niger puni 3-0 (un but et bâtisseur des deux suivants).

"C'est notre meilleur joueur, avait alors relevé le sélectionneur, James Kwesi Appiah. Il a bien joué contre le Niger et je sais qu'il peut encore mieux faire. Il est aussi très présent en dehors du terrain et les joueurs le respectent".

 

Mais patatras: Gyan retombe dans l'anonymat contre le modeste Cap-Vert en quart (2-0). De quoi relancer les critiques apparues au début du tournoi et qu'il avait moquées en célébrant son but contre le Niger, d'une main grimant le blabla de ses détracteurs.

Il faut dire que même son style de vie alimente les polémiques. Gyan, qui fête ses buts par des pas de djorhei, une danse locale, est une célébrité dans son pays. Son double musical, sous le pseudonyme de Baby Jet, ne l'est pas moins, en tant que chanteur de hiplife, un style de musique mélangeant hip-hop et dancehall.

 

Deux tubes réalisés avec le musicien Castro, "Do the Dance" et "African Girls", ont connu un grand succès du côté d'Accra et Kumasi. D'anciens joueurs ont moins apprécié, estimant que la musique empêchait Gyan d'avoir la concentration adéquate pour le football, ce que l'intéressé a nié.

Une question devenue du coup sensible. Le milieu Kwadwo Asamoah, interrogé mardi sur l'apport musical de son capitaine, a d'abord eu un rire gêné. "Ce n'est pas une question de musique, a-t-il éludé. Gyan, c'est un joueur très bon et très important pour nous".

A vérifier, une nouvelle fois, mercredi en demi-finale contre le Burkina Faso.

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