CAN 2013: Burkina Faso-Togo, pour une place
en demi-finale

Publié par AFP le Samedi 2 Février 2013 à 16h44 - Focus, CAN 2013

Un quart historique entre le Burkina Faso et le Togo, deux équipes qui ont d'ores et déjà réussi leur tournoi et visent désormais la prolongation du rêve ce dimanche 3 février 2013 à Nelspruit.

crédit: Themba Hadebe - AP - SIPA
Nelspruit, Afrique du Sud, 25 janvier 2013. Les joueurs burkinabés célèbrent un but, lors du match contre l'Ethiopie de la Coupe d'Afrique des Nations
 

Le vainqueur affrontera en demi-finale soit le Ghana, soit le Cap-Vert, ce qui serait une surprise encore plus grande, mercredi à Nelspruit.

Mais quoi qu'il arrive, le perdant de dimanche rentrera avec les honneurs au pays. Le Burkina a réussi à gagner son premier match de CAN après 18 échecs, depuis 1998 et son meilleur parcours achevé dans le dernier carré du tournoi, joué à domicile.

"J'ai dit aux joueurs qu'ils avaient déjà écrit une grosse page du football togolais, mais qu'il y avait encore la place pour écrire quelque chose", a résumé de son côté le sélectionneur du Togo Didier Six. Eh oui: les Eperviers ont atteint pour la première fois de leur histoire un quart de Coupe d'Afrique.

Et ils reviennent de loin, d'un car fusillé par un groupe indépendantiste dans l'enclave angolaise de Cabinda à l'orée de la CAN-2010. Deux membres de l'encadrement y avaient trouvé la mort, et un gardien est resté handicapé à vie. "Eux aussi nous ont aidé, dans leur âme", a souligné le capitaine Adebayor au soir de la qualification, mercredi.

 

"Grain de sable"

 

"Quand on subit un événement aussi grave que celui-là, automatiquement il y a des traces qui restent dans les têtes", a souligné Six, qui avait repris en mains un groupe moralement touché. "Tout le travail effectué durant quinze mois commence à payer, s'est-il félicité. Le moindre grain de sable enrayait la machine, aujourd'hui le grain de sable nous donne un pouvoir de révolte".

Et le Togo est spécialisé dans le grain de sable, mais à la pelle, de quoi faire tout une plage: en témoignent les péripéties de la préparation, entre un Adebayor que le président de la République a dû convaincre de revenir en sélection, et le fameux imbroglio entre sélectionneur, fédération et ministère autour de la liste des 23 joueurs...

Adebayor justement, Paul Put s'en méfie. D'autant que lui-même ne pourra compter sur son arme numéro un, le milieu offensif Alain Traoré, meilleur buteur du premier tour (3 buts) forfait sur blessure. "Alain est un joueur important, on connaît ses qualités notamment sur les coups francs et corners mais on a assez de qualité pour le remplacer", avance le sélectionneur.

L'absence de Traoré pose néanmoins un problème pour la concrétisation des offensives. Les avant-centres Dagano et Bancé n'ont pas encore convaincu, et Pitroipa est plus un passeur qu'un finisseur.

Le technicien belge doit aussi lutter contre l'excès de confiance après une place de premier de poule devant le grand Nigeria et la Zambie, tenante du titre, même si "l'humilité" est érigée en vertu cardinale dans le peuple burkinabé. "On a commencé un travail, on n'y est pas (encore) arrivé, on doit garder les pieds sur terre", a-t-il lancé.