Après l'incendie de la discothèque au
Brésil, les premiers témoignages

Publié par AFP le Dimanche 27 Janvier 2013 à 23h44 - Focus

Deux étudiantes brésiliennes racontent leur calvaire. Elles ont pu in-extremis fuir la discothèque de Santa Maria, avant que le piège des fumées toxiques n'asphyxie leurs camarades.

crédit: Xinhua - AGENCIA ESTADO
Santa Maria, Brésil, 27 janvier 2013. Des personnes attendent pour identifier leurs proches parmi les victimes de l'incendie d'une boîte de nuit à Santa Maria
 

"J'étais tout prêt de la scène du Kiss, et j'ai tout vu depuis le début", témoigne Ana Paula Muller.

"Tout a commencé avec un feu de Bengale lancé par le chanteur qui a atteint le plafond. Le feu a pris. Tout est allé très vite", raconte cette survivante de la tragédie qui a fait 233 morts et 116 blessés à Santa Maria, une ville universitaire du sud du Brésil.

Encore très affectée, cette étudiante en ingénierie civile de 19 ans, raconte par téléphone comment elle s'est frayée peu à peu un chemin parmi une foule en panique.

"Plus ou moins à la moitié du chemin vers la sortie, j'ai regardé derrière moi. Tout était noir de fumée. Je suis tombée. Mais j'ai réussi à me relever. J'ai vu d'autres personnes tomber. Mais dans un tel moment de panique, personne ne pense aux autres".

 

"Un ami qui était avec nous a réussi à sortir aussi, mais il a soudain eu un arrêt cardiaque et il n'a pas résisté. J'ai perdu aussi un autre camarade de la faculté", poursuit Ana.

Au moment de la tragédie, le deuxième incendie le plus meurtrier de l'histoire du pays, des dizaines d'étudiants célébraient une fête universitaire.

Rocheli Brondani se souvient également avec précision du moment où la soirée à viré au cauchemar. "J'ai regardé le plafond et j'ai vu qu'il y avait des flammes. Tout a été très rapide. Je disais autour de moi que le plafond prenait feu, mais personne ne me croyait. Je suis sortie en courant. Je n'ai même pas aidé mon amie. Je ne me suis pas retournée. Et j'ai réussi à sortir saine et sauve".

 

A l'air libre, devant la porte du Kiss, cette étudiante de 23 ans se souvient que les personnels de sécurité "ne comprenait pas ce qui était en train de se passer. Ils ont d'abord cru qu'il y avait une bagarre, puis ils se sont rendu compte que c'était un incendie".

"J'ai vu des gens blessés, en train de vomir. Mon amie a été piétinée mais elle a survécu. Elle m'a raconté que lorsque les clients approchaient de la porte, ils commençaient à tomber les uns sur les autres, comme un jeu de domino. Mon amie s'est accrochée à une autre personne et a réussi à sortir.

Rocheli Brandon est également étudiante en ingénierie civile de l'Université fédérale de Santa Maria, à laquelle appartenaient la plupart des jeunes participant à la fête.

"Au début, cela n'avait pas l'air aussi horrible comme ce l'est devenu ensuite. Au moment où je suis sortie, c'était encore relativement calme, il y a avait juste des gens qui se bousculaient. Mais ensuite, plus personne n'a pu sortir".

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