La CEDEAO réunie en sommet extraordinaire
sur le Mali à Abidjan

Publiť par AFP le Samedi 19 Janvier 2013 ŗ 9h08 - Focus

Les principaux chefs d'Etat et de gouvernement d'Afrique de l'Ouest se retrouvent ce samedi, 19 janvier 2013, à Abidjan pour une réunion consacrée au déploiement d'une force d'intervention au Mali.

crťdit: Pr√©sidence
41è Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la Cedeao à Yamoussoukro, le 29 juin 2012
 

Sur le terrain, les informations demeurent contradictoires √† Diabali, √† 400 km au nord-ouest de Bamako, dont des combattants islamistes s'√©taient empar√©s lundi. Plusieurs habitants et une source de s√©curit√© r√©gionale avaient affirm√© que des jihadistes avaient abandonn√© la ville, apr√®s les bombardements. De son c√īt√©, le minist√®re fran√ßais de la D√©fense a laiss√© entendre que la ville n'avait pas √©t√© reprise.

A Abidjan, le président tchadien Idriss Deby dont le pays ne fait pas partie de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) mais qui a promis d'envoyer des troupes - et le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius seront également présents.

Le sommet doit s'ouvrir dans la matinée. Les participants "vont évaluer la situation sécuritaire afin de donner de nouvelles orientations pour le déploiement rapide de la force ouest-africaine", selon la présidence du Burkina Faso.

Ils doivent notamment convenir d'"acc√©l√©rer" le d√©ploiement de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), qui a re√ßu mandat de l'ONU pour aider les autorit√©s maliennes √† reprendre le contr√īle du Nord du pays, occup√© depuis plus de neuf mois par des groupes arm√©s islamistes qui y ont multipli√© les exactions.

 

Des soldats africains pour relayer les Français

 

"Nous allons voir avec nos amis africains comment accélérer la mise en place de la Misma", a déclaré vendredi Laurent Fabius.

"La guerre qui nous est désormais imposée par le refus des mouvements criminels et terroristes de l'offre de paix suffisamment portée par les efforts de médiation de la Cédéao exige de nous l'accélération du déploiement de la Misma", a souligné pour sa part le président de la Commission de la Cédéao, Désiré Kadré Ouédraogo.

Quelque 2.000 membres de la Misma, dirigée par le général nigérian Shehu Abdulkadir, doivent être déployés au Mali d'ici au 26 janvier. Une centaine de soldats togolais et nigérians sont déjà arrivés à Bamako, et une trentaine de Béninois sont en route pour les rejoindre.

Huit pays ouest-africains Nigeria, Togo, Bénin, Sénégal, Niger, Guinée, Ghana et Burkina Faso ainsi que le Tchad ont annoncé leur contribution à la Misma.

Au total, quelque 5.800 soldats du continent africain doivent être déployés au Mali et prendre à terme le relais de l'armée française.

Celle-ci a poursuivi vendredi ses frappes a√©riennes et son engagement au sol aux c√īt√©s de ce qui reste de l'arm√©e malienne. Plus de 1.800 soldats fran√ßais sont d√©j√† pr√©sents au Mali et leur nombre devrait prochainement √™tre port√© √† 2.500, selon Paris.

Bamako a notamment annonc√© avoir repris jeudi "le contr√īle total" de Konna, √† 700 km au nord-est de Bamako, tomb√©e le 10 janvier aux mains des combattants islamistes, ce qui avait pr√©cipit√© l'intervention fran√ßaise.

L'information a été confirmée par une source sécuritaire régionale et par des habitants, joints par l'AFP, de cette zone qui reste inaccessible aux observateurs indépendants.

"Les troupes françaises ont été accueillies dans la joie et l'allégresse par la population. Tout est redevenu calme, les extrémistes sont partis et les gens vaquent à nouveau à leurs affaires", a témoigné Amadou Guindo, un adjoint au maire de Konna, joint par téléphone.

 

"vulnérabilité" de la région

 

Après des combats mercredi, il a fallu de nouvelles frappes aériennes françaises, jeudi, pour que les soldats maliens puissent entrer dans cette cité, dont les Français ont confirmé vendredi que les forces maliennes l'occupaient.

La chute de Konna au cours d'une offensive surprise des combattants islamistes le 10 janvier, alors que le front entre armée malienne et groupes jihadistes était gelé depuis des mois, avait déclenché l'intervention de la France - qui redoutait une percée des jihadistes vers le sud et Bamako.

L'aviation fran√ßaise a bombard√© √† plusieurs reprises Diabali, prise lundi par des islamistes, apparemment dirig√©s par l'Alg√©rien Abou Zeid, un des chefs d'Al-Qa√Įda au Maghreb islamique (Aqmi).

Dans cette zone se trouvent un millier de "terroristes" appartenant aux "groupes les plus durs, les plus fanatiques, les mieux organisés, les plus déterminés et les mieux armés", avait assuré le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

En Algérie, l'agence de presse officielle algérienne APS affirme que douze otages et dix-huit ravisseurs ont été tués dans l'assaut donné aux islamistes qui avaient pris des centaines de personnes en otages mercredi sur un site gazier dans le Sahara. Ceux-ci détenaient encore vendredi sept étrangers à In Amenas, à 1.300 km au sud-est d'Alger, selon des sources islamistes citées par l'agence de presse mauritanienne ANI.

Les ravisseurs demandent à la France de "négocier" la fin de la guerre au Mali et proposent de libérer des "otages américains" contre des islamistes détenus aux Etats-Unis, a affirmé ANI.

Paris et Washington ont confirmé la mort d'un de leurs ressortissants.

Le conflit au Mali et la prise d'otages en Algérie sont une "source de vulnérabilité" pour l'économie des pays du Sahel, a mis en garde vendredi un haut représentant du Fonds monétaire international (FMI), responsable pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale, Masood Ahmed. 

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