Cyril Ramaphosa retourne en politique

Publié par AFP le Mercredi 19 Decembre 2012 à 8h04 - Focus

À la fin des années 1990, il tourne le dos à la politique, déçu de ne pas avoir été choisi pour succéder à Mandela. Avec son élection comme vice-président de l'ANC, le 18 décembre 2012, et son retour en grâce, beaucoup lui prédise un destin présidentiel.

crédit: AP - SIPA
Cyril Ramaphosa

Il est tombé dans la politique pendant ses études de droit, dans les années 1970. D'abord par le militantisme étudiant avant de se tourner vers le syndicalisme - forme légale de protestation contre le régime de l'apartheid à l'époque - fondant en 1982 le Syndicat national des mineurs (NUM) dont il a fait une machine de guerre d'environ 300.000 membres. La grande grève des mines de 1987, qui a fait vaciller le pouvoir, est restée dans les annales.

A la sortie de prison de Nelson Mandela en 1990, Ramaphosa faisait partie du Comité d'accueil national mis en place pour l'aider à préparer la transition.

 

Il a quitté le NUM en 1991 pour devenir le secrétaire général d'un Congrès national africain (ANC) fraîchement légalisé, et après les élections de 1994, il est devenu député et président de l'Assemblée constituante qui a écrit la très libérale Constitution sud-africaine.

Mais bien que Nelson Mandela n'ait pas fait mystère de son souhait de voir Cyril Ramaphosa lui succéder à la tête de l'Etat à la fin de son unique mandat en 1999, la direction de l'ANC lui a préféré le vice-président Thabo Mbeki.

 

Un CV à rallonge

 

Le socialiste proclamé Ramaphosa a alors démissionné de ses fonctions politiques, en 1997, pour se lancer dans les affaires, profitant de la loi sur l'"émancipation économique des Noirs" (BEE) qui oblige les entreprises investissant en Afrique du Sud à s'associer à des actionnaires non-blancs.

A la tête notamment de la holding Shanduka, il a fait fortune, siégeant aux conseils d'administration de la Standard Bank ou du brasseur SAB Miller, présidant celui de l'opérateur de téléphonie MTN ou contrôlant tous les restaurants McDonald's d'Afrique du Sud.

Dans son CV à rallonge, on trouve aussi la fonction assez inattendue de consul honoraire d'Islande à Johannesburg.

 

Sur le plan politique, il est discrètement revenu en 2007 au Comité exécutif national (NEC) de l'ANC, et son charisme a été à nouveau remarqué quand il a présidé la commission de discipline du parti, qui a jugé au début de l'année le turbulent chef de file des jeunes du mouvement, Julius Malema.

Revenu sur le devant de la scène, Cyril Ramaphosa n'a pas manqué d'être violemment attaqué ces derniers temps, alors que le congrès de l'ANC approchait.

Il a notamment demandé aux forces de l'ordre de rétablir l'ordre à la mine de Marikana (nord), exploitée par le groupe Lonmin dont il est administrateur, la veille de la fusillade policière du 16 août qui a fait 34 morts parmi les grévistes.

 

Mais grâce à son sens de la négociation et à sa capacité supposée de proposer un pont entre idéaux révolutionnaires et bonne marche des affaires, il est resté populaire au sein de l'ANC, et une majorité de délégués ont proposé son nom à la vice-présidence du parti dans un ticket avec le président Jacob Zuma, excluant l'actuel titulaire du poste Kgalema Motlanthe, puni pour avoir tenté de défier le chef.

Ce qui voudrait dire qu'il pourrait devenir vice-président du pays à la place de Motlanthe, et pourquoi pas porter les couleurs de l'ANC aux élections générales de 2014, dans le cas où M. Zuma ne ferait qu'un mandat à la tête de l'Etat.

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