Une femme sur sept meurt durant
l'accouchement au Nigeria

Publié par Africanaute le Samedi 10 Novembre 2012 à 18h54 - Focus

Dans son dernier bulletin, Africa Progress Panel (APP) estime que l'humanité n'a pas d'excuses pour ne pas mettre en place des mesures visant à réduire la mortalité maternelle en Afrique.

crédit: UN Photo/Eskinder Debebe
 

Selon l'APP, tous les acteurs ont une responsabilité morale pour améliorer la santé maternelle sur le continent.

"Dans une région où la maternité est valorisée, trop de femmes meurent", déplore le panel, qui note que plusieurs facteurs sont à l'origine de cette situation, mais que finalement la pauvreté et la discrimination sont les causes sous-jaçentes de la mortalité maternelle.

Les barrières qui limitent l'accès à des services de soins de santé maternelles doivent être identifiées et supprimées aux niveaux local et national afin d'améliorer la santé maternelle, exhorte APP.

 

Alors que le risque de mortalité maternelle est de 1 pour 3 800 accouchements dans les pays développés, il est de 1 pour 150 naissances dans le monde en développement.

D'après APP, les femmes dans un pays comme le Nigeria risque 1 sur 7 de mourir durant la grossesse ou à l'accouchement.

Le panel souligne que les progrès du continent ne bénéficient pas encore à assez de femmes et que 265 000 femmes africaines meurent encore tous les ans en couches.

"En plus des nausées du matin liées à la grossesse, la moyenne des femmes africaines doivent affronter les complications, des douleurs atroces et dans certains cas, la mort, dans leur quête d'expérimenter l'expérience de la maternité".

 

Alors que le continent a suscité l'attention des médias pour avoir boosté la représentation des femmes dans la vie politique, avec maintenant deux femmes présidentes de la Républiques, une femme à la tête de l'Union africaine et d'autres femmes lauréates de prix Nobel, APP juge que "trop de femmes continuent de mourir".

Dix pays africains ont réduit leurs taux de mortalité maternelle de plus de 50 pour cent entre 1990 et 2010, et sont sur le point d'atteindre l'Objectif 5 de développement du millénaire lié à l'amélioration de la santé maternelle.

Entre 1995 et 2010, le Rwanda a réduit son taux de mortalité maternelle de près des trois quarts.

"Le problème en Afrique n'est pas tellement un refus de ratifier les traités qui obligent les Etats à apporter la protection sociale aux mères. Le problème, comme toujours, est la volonté politique de veiller à la mise en oeuvre de ces engagements.

 

"Nous savons que des soins de qualité avant, durant et après la naissance peuvent faire la différence entre la vie et la mort", indique le panel, qui observe que les soins prénataux ont augmenté dans beaucoup de pays durant cette dernière décennie, mais que seuls 46 pour cent des femmes dans les pays à faibles revenus ont bénéficié de soins de qualité durant leur accouchement.

Présidé par l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, APP agit en faveur du développement de l'Afrique en surveillant tous les progrès réalisés, en attirant l'attention sur les opportunités et en catalysant les actions dans des domaines tels que les partenariats Sud-Sud, le changement climatique, la santé maternelle, les infrastructures, la technologie et l'intégration régionale.