CAN 2013 - Carton rouge annulé, Pitroipa
exprime sa joie

Publié par AFP le Vendredi 8 Février 2013 à 21h29 - CAN 2013, Sports

L'attaquant du Burkina Faso Jonathan Pitroipa s'est dit "très heureux" ce vendredi 8 février 2013, de la décision de la Confédération africaine (CAF) de lever son carton rouge reçu en demi-finale face au Ghana du mercredi 6 février 2013.

crédit: Armando Franca - AP - SIPA
Nelspruit, Afrique du Sud, 25 janvier 2013. Jonathan Pitroipa, lors du match Ethiopie vs Burkina Faso de la Coupe d'Afrique des Nations
 

La commission de discipline a décidé d'annuler le carton rouge, infligé à Pitroipa à la suite d'un second avertissement pour une simulation dans la surface de réparation adverse à la fin de la prolongation contre le Ghana mercredi (1-1 a.p., 3-2 t.a.b.).

Elle l'a fait sur la base du rapport de l'arbitre tunisien "et de son rapport complémentaire dans lequel M. Slim Jdidi reconnaît avoir commis une erreur en infligeant le 2e carton jaune au joueur". Cet aveu était une condition sine qua non pour que la commission de discipline ait le pouvoir d'annuler le carton rouge.

"Je suis content, parce que participer à cette finale était mon objectif, a-t-il dit à quelques représentants de médias français dont l'AFP. Prendre ce carton rouge, c'était comme un rêve que je n'allais pas pouvoir réaliser. Le fait de savoir que je serais sur le terrain avec mes coéquipiers, je suis très heureux".

Le joueur ne s'est pas entraîné vendredi pour soigner une béquille reçue en quart de finale (1-0 a.p. contre le Togo).

"Très content", le sélectionneur Paul Put a salué auprès de l'AFP la "décision correcte". "Je n'étais pas inquiet, le monde entier a vu (les erreurs d'arbitrage, ndlr), l'arbitre a été suspendu et il regrette. Justice a été rendue et j'espère maintenant qu'il va faire un doublé en finale", a dit pour sa part le capitaine Kaboré.

L'arbitre avait été suspendu par la CAF dès jeudi. "Tout le monde s'est rendu compte que cet arbitre n'a pas bien dirigé", a estimé vendredi matin le président de la Confédération Issa Hayatou lors d'un petit-déjeuner de presse.

Il s'est cependant dit, "dans l'ensemble", "satisfait de l'arbitrage africain. Nous avons assisté à des erreurs, particulièrement dans la demi-finale Burkina-Ghana. Pour Togo-Tunisie, nous avons aussi relevé des insuffisances. Il y a eu deux ou trois matches pas bien dirigés, mais dans l'ensemble, l'arbitrage est en train de prendre de la hauteur".

 

"Combattre les mauvaises mentalités"

 

Et pourtant: si les controverses sur l'arbitrage relèvent d'une rengaine récurrente dans le football, la demi-finale de Nelspruit a néanmoins pris la forme d'une apothéose à la suite d'une kyrielle de polémiques. L'arbitre de ce match "ne voulait pas du Burkina en finale", avait ainsi réagi Paul Put, parlant de "scandale".

En cause surtout durant le tournoi: les accusations de privilégier les grandes équipes au détriment des formations moins huppées. C'est le sens des "questions" soulevées par le sélectionneur du Cap-Vert, Lucio Antunes, à l'issue du quart perdu face au Ghana (2-0) avec notamment un penalty litigieux.

Issa Hayatou l'a repris de volée en faisant remarquer que le Cap-Vert avait éliminé son pays d'origine en barrages (le Cameroun). Et le dirigeant, à la lumière de ces critiques de sans-grade, de se lancer comme défi de "combattre les mauvaises mentalités". "Il suffit d'un rien, par exemple le comportement d'un arbitre, pour qu'on dise que la CAF n'aime pas telle ou telle équipe", a-t-il pesté.

C'est que la complainte des "petits" s'est étendue sur toute la CAN.

Le sélectionneur du Togo Didier Six a ainsi lâché que les "règles du football" n'avaient "pas été respectées", après un but refusé contre la Côte d'Ivoire, parlant même de "dictature" concernant le corps arbitral.

Autre exemple trouble lors d'Afrique du Sud-Angola: les Bafana Bafana ont eu le droit d'effectuer un changement au coup d'envoi de la seconde période, et pas les Palancas Negras, selon leur sélectionneur Gustavo Ferrin.

Impression de deux poids deux mesures aussi pour le simple carton jaune adressé au gardien ghanéen Dauda pour une main en dehors de sa surface, un "fait de jeu énorme" selon l'entraîneur adverse, Patrice Carteron (Mali). Et le gardien du Burkina Soulama a été exclu pour une faute similaire...