Racisme, l'AC Milan fait bloc derrière
Boateng

Publié par AFP le Vendredi 4 Janvier 2013 à 13h32 - Sports

Pour protester contre les cris racistes à l'encontre du joueur ghanéen Kevin Prince Boateng, les joueurs de l'AC Milan ont quitté le terrain en plein milieu d'un match amical de football.

Kevin-Prince Boateng
 

"Enfin une réaction", titre en première page La Repubblica.

La décision d'interrompre la partie "est un signal fort, important, qui crée un précédent, enfin", a salué Damiano Tommasi, président de l'Association des joueurs de football italiens.

"Enfin. L'AC Milan et Allegri ont été fantastiques. L'Italie doit grandir et ceci représente le premier pas", a commenté le sélectionneur national Cesare Prandelli.

Selon le quotidien sportif Gazzetta dello sport, le match de jeudi est le premier dans l'histoire du football italien a être interrompu pour des cris racistes.

 

Boateng, excédé par les cris racistes des supporteurs de la petite équipe de Pro Patria (4e div.), a quitté le terrain, jeudi à Busto Arsizio (nord), provoquant l'interruption du match amical.

A la 26e minute, il a lancé le ballon en direction des tribunes, avant de quitter le terrain, après avoir été victime, tout comme les trois autres joueurs noirs de l'AC Milan, des insultes racistes des supporteurs du Pro Patria.

Le reste de l'équipe a suivi le Ghanéen, sous les sifflets des supporteurs de l'équipe adverse.

 

"Le racisme est en croissance en Italie et en Europe", affirme la Repubblica, soulignant que même si la partie interrompue n'était qu'un match amical, ne comportant aucun gain de points dans un championnat, "maintenant il existe un précédent".

"Il faut dire bravo et merci" aux joueurs de l'équipe milanaise "pour avoir fait par exemple ce que l'arbitre n'a pas eu le courage de faire", ajoute la Repubblica. Le quotidien dénonce "l'hypocrisie", qui consiste à faire semblant de ne pas entendre les cris racistes, car la partie doit être achevée "à n'importe quel prix".

"On ne plaisante pas avec le racisme", écrit le Corriere della Sera, saluant "enfin une réaction adaptée" contre le racisme dans le football.

 

"Mais cela ne doit être qu'un début: désormais, au premier cri contre le +nègre+, tous (les joueurs, ndlr) doivent sortir" du terrain, poursuit l'éditorialiste.

Boateng avait reçu immédiatement le soutien de son entraîneur Massimiliano Allegri. "C'était la seule chose faire, il faut en finir avec ces actes d'incivilité", avait-il déclaré.

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