Annan et Mkapa: "nous sommes en mission au
Kenya"

Publié par Panapress le Lundi 3 Decembre 2012 à 22h34 - Politique

Deux membres du Panel des éminentes personnalités de l'Union africaine (UA), Kofi Annan et Benjamin Mkapa, ont rejeté lundi les accusations selon lesquelles ils s'ingèrent dans les affaires intérieures du Kenya.

M. Annan, ancien secrétaire général de l'ONU, et M. Mkapa, ancien président de la Tanzanie, sont membres du panel qui a facilité les négociations de paix ayant mis un terme à la violence post-électorale en 2007 et débouché sur la formation d'un gouvernement de grande coalition au Kenya.

Cette violence avait été déclenchée par la victoire contestée du président actuel, Mwai Kibaki, à l'élection présidentielle par la Commission électorale du Kenya (ECK), aujourd'hui dissoute, au grand dam de son challenger, Raila Odinga.

La violence qui s'en est suivie avait fait 1.300 morts et 350.000 déplacés.

 

Les deux éminentes personnalités ont démenti ces accusations lors de leur rencontre avec le président de la Cour suprême dans le cadre de leur tournée de trois jours au Kenya qui s'achève mardi.

Ils se sont présentés comme des amis du Kenya, dont le mandat principal est d'aider le Kenya dans son processus de réforme.

Les deux leaders ont donné les raisons de leur présence dans ce pays, à savoir observer le cadre établi par les différentes institutions pour assurer la sécurité, la transparence et la paix durant l'élection du 4 mars 2013.

"Nous sommes en mission depuis 2008. Beaucoup de choses se sont passées et à l'approche des prochaines élections, je suis sûr que la plupart des Kényans espèrent des élections libres et justes et nous en tant qu'amis et personnes de bonne volonté - et le monde extérieur éprouve beaucoup de bienveillance à l'égard du peuple kényan - voudrions que cela se passe ainsi.

 

"C'est ce qui a renforcé notre engagement dans le processus depuis des années, et nous sommes ici pour l'encourager en vue de mars 2013", a-t-il dit.

Ils ont souligné leur participation active au processus de médiation et leur détermination à faire en sorte que le Kenya réussisse dans ses efforts pour rétablir ses institutions, notamment à travers des élections démocratiques.

Certains hommes politiques, particulièrement les prétendants à l'élection présidentielle, Uhuru Kenyatta et William Ruto, ont dénoncé les fréquentes visites de M. Annan au Kenya, l'accusant parfois de favoriser certains postulants à l'élection.

Uhuru et Ruto font partie de ceux que la Cour pénale internationale (CPI) suspectent d'avoir joué un rôle dans la violence post-électorale.

 

Les autres suspects sont l'ancien commissaire de police Hussein Ali, l'ancien chef de la fonction publique et secrétaire général du gouvernement, le journaliste Joshua Sang et le ministre de l'Industrialisation, Henry Kosgey.

La Chambre préliminaire II de la CPI a acquitté Ali et Kosgey pour preuves insuffisantes, mais a estimé que Uhuru, Muthaura, Ruto et Sang doivent répondre des crimes contre l'humanité à La Haye à compter du 11 mars 2013.

Contrairement aux autres suspects de la CPI qui sont incarcérés à La Haye, ceux-ci sont libres et ne seront placés en détention que s'ils violent les conditions posées par la CPI.

 

En attendant, Uhuru et Ruto ont créé une alliance pré électorale qui a choisi Uhuru comme son candidat à l'élection présidentielle, et Ruto son colistier.

M. Annan est celui qui a transmis l'enveloppe contenant les noms des personnes suspectées d'avoir joué un rôle clé dans l'organisation et le financement de la violence.

L'enveloppe a été présentée au juge de la Haute cour, Philip Waki, responsable de la Commission d'enquête sur la violence post-électorale.

Le président de la Cour suprême, le juge Mutunga, a assuré aux deux leaders que la justice avait sérieusement pris en considération l'élection et est prête à régler tout différend y découlant.

Sujet