Afrique: un projet soutient les agriculteurs

Publié par Panapress le Lundi 19 Novembre 2012 à 13h04 - Agriculture

Un projet international majeur a donné des indices sur la manière dont les petits agriculteurs peuvent améliorer leurs conditions de vie en établissant des relations commerciales durables avec des entreprises internationales dans le domaine de l'industrie alimentaire.

 

Ce projet, financé par la Fondation Gates et dirigé par Sustainable Food Lab, est une collaboration entre le Catholic Relief Services, Rainforest Alliance et le Centre international pour l'agriculture tropicale (CIAT) et l'IIED.

Les quatre derniers rapports, dont le dernier est paru lundi, révèle les moyens de briser les barrières qui empêchent généralement les agriculteurs africains d'accéder aux marchés lucratifs de l'occident.

Des millions de petits exploitants agricoles en Afrique dépendent des marchés d'exportation pour leur subsistance.

Mais s'ils ont les compétences et les terres pour fournir des produits de très bonne qualité pour l'industrie alimentaire, leur entrée sur ces marchés est bloquée par des normes rigoureuses, des prix instables et le manque de crédits, entre autres.

En quatre ans, les Nouveaux modèles d'entreprise pour des relations commerciales durables ont enquêté pour savoir comment les chaînes d'approvisionnement pouvaient être adaptées pour inclure et profiter aux petits producteurs.

 

"Ce projet a montré comment des agriculteurs même pauvres et marginalisés peuvent établir des contacts avec de grandes entreprises internationales et les approvisionner tout en obtenant une source de revenus stable et durable", a déclaré le chercheur de l'IIED, Abbi Buxton.

"Ceci nécessite un engagement et des actions tout le long des chaînes d'approvisionnement de la part de tous les acteurs - qu'il s'agisse des agriculteurs et des détaillants en passant par les agences gouvernementales et les organisations de la société civile", a-t-il indiqué.

Les nouveaux rapports sur le cacao au Ghana et en Côte d'Ivoire, les fleurs au Kenya et les haricots en Ethiopie font suite à cinq rapports précédents sur d'autres aspects des efforts visant à relier les petits exploitants aux marchés modernes.

 

Au Ghana, le projet a identifié les mesures nécessaires pour permettre aux planteurs de cacao de produire des graines de qualité qui se vendent bien sur les marchés.

Cet effort s'inspirait de l'expérience des planteurs d'Amérique latine, qui produisent ce genre de graines de cacao qui leur rapportent 3 à 4 fois plus que la valeur sur le marché des graines normales.

Au Ghana et en Côte d'Ivoire, également, le projet a évalué comment Rainforest Alliance a réussi, en seulement trois ans, à certifier plus de 15.000 planteurs comme producteurs d'un cacao favorable à l'environnement.

Au Kenya, les membres du projet ont joué le rôle "d'agents de l'éthique" qui ont aidé à réorganiser les chaînes d'approvisionnement afin de mieux répondre aux besoins des petits planteurs de fleurs et de leur permettre de vendre directement aux principaux détaillants aux Etats-Unis et en Europe.

 

Selon l'équipe du projet, les grosses compagnies d'agro-alimentaire avec des objectifs de développement forts bénéficieraient de l'adoption de cette stratégie d'emploi d'agents de l'éthique au niveau de chacune des chaînes d'approvisionnement.

En Ethiopie l'équipe du projet a mis en rapport des milliers de producteurs de haricots à des conserveries et détaillants du Royaume-Uni tout en renforçant leur productivité et la qualité de leurs produits.

"Le projet a montré qu'il est possible de créer de nouveaux modèles d'entreprises qui relient les petits exploitants agricoles aux marchés modernes", a indiqué Don Seville de Sustainable Food Lab.

"Ces nouveaux modèles sont plus équitables, ont des programmes plus inclusifs où les risques et les bénéfices sont partagés le long de la chaîne d'approvisionnement. Surmonter les obstacles qui se posent généralement aux petits producteurs - absence de crédits, mauvaises conditions de transport, absence d'assistance technique, etc - demande du temps, de la patience et de la créativité mais les entreprises et les agriculteurs qui s'engagent voient leurs efforts récompensés", a ajouté M. Seville.

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