Le Burundi et le Vatican signent un accord

Publié par Panapress le Mercredi 7 Novembre 2012 à 14h37 - Religion

Les tractations de ces 10 dernières années ont finalement débouché, le mercredi 7 novembre 2012, sur la signature d’un accord-cadre de coopération dans les relations bilatérales entre le Burundi et le Vatican, a appris la PANA de source diplomatique à Bujumbura.

Le Burundi devient ainsi le 3ème pays africain, après le Gabon et le Mozambique, et le 44ème au niveau mondial, à formaliser un tel accord-cadre de coopération avec le Vatican, selon les parties signataires.

L’accord a été conjointement signé par le ministre burundais des Relations extérieures et de la Coopération internationale, Laurent Kavakure, et le Nonce apostolique au Burundi, Mgr Franco Coppola.

En vertu de l’accord, le chef de la diplomatie burundaise a réaffirmé l’engagement de son pays, un Etat constitutionnellement "laïc", à respecter la liberté religieuse.

En contrepartie, le Vatican va intensifier ses efforts de coopération avec le Burundi dans les domaines spirituel, éducatif, sanitaire et humanitaire.

 

Du côté de l'Eglise catholique du Burundi, qui revendique plus de 80% de fidèles au sein de la population burundaise, la satisfaction est également grande à la suite de la signature de l’accord-cadre.

Pour le président de la conférence des évêques catholiques du Burundi, Mgr Gervais Bnshimiyubusa, c’est tout simplement un "heureux évènement".

Les relations entre le Burundi et le Vatican n’ont pas été toujours roses et s’étaient surtout considérablement dégradées, dans les années 1980, sous l’ancien homme fort, le colonel Jean-Baptiste Bagaza, qui n’hésitait pas à expulser ou embastiller ceux des religieux dont le péché était de critiquer à longueur de cultes ses méthodes musclées de gouvernement.

Le tombeur de M. Bagaza, le major Pierre Buyoya a, par contre, su se rapprocher vite de l’Eglise catholique pour consolider son régime en rétablissant largement les libertés de culte.

 

C’est sous le même régime du Major Buyoya que le Burundi a reçu la première visite d’un Souverain pontife en exercice, le Pape Jean Paul II.

Le président actuel du Burundi Pierre Nkurunziza, avait également entamé son premier mandat, en 2005, sur un mot d'ordre à forte consonance religieuse, en déclarant, lors de son discours d'investiture, qu'il fallait désormais "travailler en priant, et prier en travaillant".

L’Eglise catholique du Burundi doit aujourd’hui encore compter avec la concurrence farouche de nouvelles religions qui se multiplient à l’infini ces derniers temps sur fond de crises multiformes.

On rappelle que l’Islam est l’autre religion officiellement reconnue dans le pays et qui revendique 10% de fidèles au sein de la population totale du Burundi.