La CEDEAO envoie 3000 hommes au Mali

Publié par Panapress le Lundi 2 Juillet 2012 à 13h31 - Politique

Yamoussoukro, Côte d'Ivoire (PANA) - La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a décidé d'accélérer le déploiement de plus de 3000 hommes au Mali pour aider à préserver la transition politique du pays et rétablir l'intégrité territoriale, à l'issue de son sommet tenu les 28 et 29 juin, à Yamoussoukro, la capitale ivoirienne.

crédit: Présidence
Faure Gnassingbé,Yayi Boni, Mahamadou Issoufou, Manuel Serifo et Ckeik Modibo au 41è Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la Cedeao à Yamoussoukro, le 29 juin 2012
 

LES DIRIGEANTS OUEST-AFRICAINS ont décidé de déployer immédiatement une Mission d'évaluation technique au Mali pour entrer en liaison avec l'Autorité de transition, en vue de préparer le terrain pour l'arrivée imminente de la Mission de la force en attente de la CEDEAO au Mali (MICEMA).

La CEDEAO souhaite obtenir l'approbation du Conseil de sécurité de l'ONU pour déployer cette mission au chapitre de la Charte de l'ONU, qui autorise les sanctions, dont les mesures économiques et l'embargo militaire, ainsi qu'une force militaire pour maintenir la paix.

 

Le Conseil de sécurité a demandé des informations détaillées sur le déploiement prévu avant de donner son autorisation, mais les dirigeants l'ont invité à accélérer le processus d'approbation, au vu de la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le nord du pays, occupé par les rebelles et les islamistes.

Sur les 12 mois de transition politique au Mali, les dirigeants de la CEDEAO ont décidé de "décréter automatiquement l'imposition de sanctions ciblées et générales déjà appliquées à des individus ou groupes qui font obstacle à la mise en oeuvre des décisions de la CEDEAO".

 

"A cette fin, l'Autorité instruit la Commission de poursuivre la rédaction de la listes des contrevenants, en coopération avec l'UA et l'ONU", ont-ils déclaré dans un communiqué publié à la fin du sommet.

Les dirigeants ont condamné "les tentatives de certaines forces politiques et sociales au Mali d'obstruer l'exécution sans heurts de la transition politique en cours", ainsi que l'incitation à la désobéissance et à la violence par une partie de l'armée, de la classe politique et une presse partisane.

 

Le Mali est en crise depuis le mois de janvier, quand les rebelles touaregs et les islamistes ont lancé une bataille contre le gouvernement central qui a débouché sur l'occupation de la partie nord du pays, après un coup d'Etat militaire qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du pays.

Concernant la Guinée-Bissau, les dirigeants ont décidé de suspendre les sanctions générales imposées à ce pays, à la suite de l'interruption par l'armée de son processus démocratique en avril.

 

"L'Autorité invite tous les acteurs politiques et la société civile à oeuvrer ensemble à la mise en place d'un gouvernement véritablement inclusif afin d'assurer une transition consensuelle. Pour ce faire, l'Autorité encourage le président intérimaire et le Premier ministre à intensifier leurs efforts destinés à obtenir la participation de tous les acteurs internationaux à l'application de réformes urgentes et à l'organisation d'une élection présidentielle dans le cours de la transition", ont-ils déclaré.

 

Le sommet de Yamoussoukro s'est tenu en présence des présidents Thomas Boni Yayi du Bénin, Blaise Compaoré du Burkina Faso; Alassane Ouattara de Côte d'Ivoire; Ellen Johnson-Sirleaf du Liberia; Mahamadou Issoufou du Niger; Macky Sall du Sénégal; Ernest Bai Koroma de la Sierra Leone; Faure Essozimna Gnassingbe du Togo, ainsi que du président intérimaire Manuel Serifo Nhamajo de la Guinée Bissau et du Premier ministre du gouvernement de transition malien, Cheikh Modibo Diarra.

Les autres pays membres étaient représentés par des ministres.

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