La LRA une menace sérieuse pour l'Afrique
centrale, selon Human Rights Watch

Publié par Panapress le Lundi 23 Avril 2012 à 21h03 - Société

New York, Etats-Unis (PANA) – Une organisation internationale de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW), a déclaré lundi que l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), un groupe rebelle ougandais, a intensifié ses attaques en République centrafricaine (RCA) et en République démocratique du Congo (RDC).

Dans un communiqué publié à New York, HRW fait état de l'intensification des attaques depuis le début de cette année et de l'urgente nécessité de protection des populations civiles vivant dans les zones touchées.

"L'intensification des attaques montre que le groupe rebelle n'est pas une force mourante, mais qu'elle constitue, bien au contraire, une menace grave pour les populations civiles. M. Joseph Kony (le chef de la LRA) et la LRA ont été, depuis plus de 25 ans maintenant, une menace pour les civils qui vivent dans ses zones d'intervention'', a déclaré Mme Anneke Van Woudenberg, une chercheuse de HRW pour l'Afrique.

Elle a affirmé que les attaques commises par les rebelles de la LRA contre les civils en RCA ont augmenté depuis le début de cette année du fait que ce pays constitue, pour le moment, la base arrière de l'essentiel des rebelles.

 

«Nous avons, entre janvier et mars 2012, enregistré plus de 53 nouvelles attaques ", a-t-elle affirmé, soulignant qu'une équipe de HRW s'est rendue dans le sud-ouest de la RCA où elle s'est entretenue avec des victimes et des témoins qui ont pu identifier leurs agresseurs comme étant des membres de la LRA.

"Il est vrai qu'il existe d'autres groupes armés qui commencent à opérer dans cette partie de la RCA, mais les attaques que nous avons enregistrées n'ont pas été commises par ces derniers, elles sont l'œuvre de la LRA et elles portent toutes les caractéristiques de leurs attaques», a déclaré Van Woudenberg.

"Le chef de la LRA, accompagné d'un petit groupe de partisans et quelques-unes des personnes enlevées auraient franchi la frontière de la RCA pour se rendre au Sud -Darfour, mais deux parmi les autres principaux chefs de la LRA, également recherchés par la Cour pénale internationale, (Dominic Ongwen et Okot Odhiambo se trouvent encore en RCA)'', a-t-elle ajouté.

 

"Malgré la forte baisse des effectifs de la LRA par rapport à ce qu'ils étaient dans le passé, environ 150 à 300 combattants et des centaines de personnes enlevées, le groupe rebelle a encore assez de forces pour enlever et pour tuer et demeure une grave menace pour les gens qui ont le malheur de vivre dans ce pays (RCA)', a dit Mme Van Woudenberg.

"Parmi les choses qui manquent, nous notons l'absence de propositions concrètes sur la façon dont les gens vont être protégés», a-t-elle ajouté.

Elle a indiqué que les 100 conseillers militaires américains déployés l'année dernière dans la région et la décision de l'Union africaine de mettre en place une force opérationnelle régionale forte de 5.000 hommes pourraient faciliter l'arrestation des dirigeants de la LRA.

Mme Van Woudenberg a également plaidé pour des efforts accrus afin d'arrêter Joseph Kony et les autres chefs rebelles et protéger les civils.

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