Nigéria, enquête sur une église offerte au
président

Publié par Panapress le Lundi 2 Avril 2012 à 15h22 - Religion

Lagos, Nigeria (PANA) - Une ONG nigériane a adressé lundi une pétition à la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC) lui demandant d'ouvrir immédiatement une enquête sur l'allégation qu'une société de construction italienne a construit une église d'une capacité d'accueil de 2.500 personnes dans la ville natale du président Goodluck Jonathan, comme cadeau.

Le président Jonathan a été cité par la presse locale pour avoir déclaré, lors de l'inauguration de cette église, que le directeur général de Gitto Construzioni Generali Nigeria Limited (GCG) lui avait fait la promesse de construire et donner l'église à la communauté Otuoke après qu'il (le chef de l'Etat) s'était plaint de la vétusté de son église.

Mais dans une pétition datée du 02 avril 2012, le Projet pour la responsabilité et les droits socio-économiques (SERAP) a déclaré: "nous sommes sérieusement inquiets qu'étant donné les sommes d'argent engagées et le calendrier de construction de cette église "donnée en cadeau", ces actes puissent représenter une corruption du gouvernement par une entreprise de construction qui a demandé et obtenu des contrats faramineux de la part du gouvernement fédéral.

"Des accords d'acquisition et d'investissement corrompus par ce genre de "cadeaux" ont invariablement entraîné des coûts accrus non seulement du fait de prix plus élevé mais également de projets engagés sans raison mais finalement inefficaces", a déclaré l'organisation.

Selon l'organisation, "ces actes consistant à donner et à accepter des pots-de-vin déguisés minent les institutions et les valeurs de la démocratie, les valeurs éthiques et la justice et compromettent le développement durable et le respect de l'Etat de droit. Ces actes portent également préjudice au gouvernement et aux citoyens ordinaires qui peuvent pâtir de la mauvaise exécution des projets par le GCG".

L'organisation a également demandé à la Commission "d'utiliser son mandat, son pouvoir et ses ressources pour s'assurer que ces allégations fassent l'objet d'une enquête approfondie et que les conclusions de cette enquête soient rendues publiques et que l'entreprise et ses présumés complices rendent des comptes».