Rwanda - Génocide - TPIR: Ibuka manifeste
contre l'acquittement de présumés
génocidaires

Publié par Panapress le Dimanche 10 Février 2013 à 23h23 - Justice

Ibuka (Souviens-toi) est une Organisation non gouvernementale qui œuvre pour la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, la justice et le soutien aux rescapés. Elle organise ce lundi 11 février 2013, une grande manifestation destinée à dénoncer l'acquittement par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) de deux présumés génocidaires.

crédit: © AFP
ARUSHA - Tanzanie, 6 novembre 2003. Justin Mugenzi, ancien du du Commerce lors de son procès.
 

Selon le président d'Ibuka, Jean-Pierre Dusingizemungu, cette manifestation vise notamment à dénoncer l'attitude du juge américain Theodor Meron qui a prononcé le verdict dans ce dossier impliquant l'ancien ministre du Commerce d'alors, Justin Mugenzi et l'ancien ministre de la Fonction publique, Prosper Mugiraneza.

Il y aura plusieurs milliers de personnes qui viendront manifester (contre la décision du TPIR) pour dénoncer la décision du juge Meron (...) la circulation routière sera perturbée aux heures de l'après-midi de lundi dans le quartier Remera situé dans la banlieue de Kigali et où se trouve le bâtiment abritant la représentation du TPIR à Kigali, selon la même source.

 

"Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui seront dans les rues pour dénoncer le juge Meron",a-t-il ajouté.

Selon l'association des rescapés du génocide, les deux acquittements prononcés récemment par cette juridiction onusienne font craindre que cette décision est une preuve que le TPIR envisage d'autoriser la libération d'autres génocidaires notoires dont notamment l'ancien ministre du Genre, Pauline Mme Nyiramasuhuko, qui est jusqu'ici la seule femme reconnue coupable avant d'être condamnée à perpétuité par cette instance judiciaire basé à Arusha, dans le Nord de la Tanzanie.

Dans cette campagne de dénonciation, les rescapés du génocide estiment notamment que cette sentence prononcée par le TPIR n'a pas tenu compte de la teneur des crimes commis par les prévenus.

 

Depuis l’ouverture du premier procès le 9 janvier 1997, le tribunal a rendu 55 jugements de première instance concernant 75 personnes.

Dans l'ensemble, 9 accusés sont passés aux aveux, ce qui leur a valu de substantielles réductions de peines à l’exception de l'ancien Premier ministre durant le génocide, Jean Kambanda, qui a écopé de la perpétuité après avoir reconnu sa responsabilité.