Libye - Anniversaire Révolution,
renforcement du dispositif sécuritaire à
Tripoli

Publié par Panapress le Dimanche 10 Février 2013 à 15h21 - Politique

Des dizaines de points de contrôle ont été installés dans différents quartiers de la capitale de Tripoli, et sa banlieue, une semaine avant l'organisation des festivités de la célébration du deuxième anniversaire de la Révolution du 17 février et la chute du régime de Kadhafi en 2011.

L

e correspondant de la PANA a constaté sur place que des unités de la police et des éléments des ex-rebelles, armés de Kalachnikovs et de ''FN'' de marques russe et belge, circulent dans la ville de Tripoli et sa banlieue ouest, ainsi que le positionnement de voitures de marque 4X4 munies de canons sol-air au niveau des entrées et des sorties à l'ouest de la capitale.

Aux points de contrôle, les véhicules conduits par des jeunes et ceux dotés de vitrines teintés ou qui ne disposent de plaques minéralogiques font l'objet de contrôles minutieux de la part de la police, sans doute en réaction à des rumeurs relayées par les réseaux sociaux faisant état, la semaine dernière, de l'intention des partisans de l'ancien régime de mener des opérations de déstabilisation lors des festivités marquant le deuxième anniversaire de la Révolution.

D'autres informations annoncent des manifestations parallèles pour exiger des comptes relatifs à la manière dont la Révolution a été conduite, ainsi que pour dénoncer l'échec du gouvernement.
La mise en place des points de contrôle reste diversement appréciée par la population qui ne manque pas de réagir, tel cet employé de banque à Tripoli, Ramadan Mismah, 50 ans, qui soutient l'initiative et sollicite son renforcement pour la protection des citoyens et de leurs biens ainsi que des institutions gouvernementales contre des personnes mal intentionnées.

Malgré les efforts importants déployés par le gouvernement d'Ali Zeidan pour la maitrise de la situation sécuritaire et l'instauration de la stabilité afin de permettre le lancement des actions de développement, la reconstruction du pays, à l'arrêt depuis trois ans, les assassinat, les enlèvements ainsi que les cambriolages à mains armées sont toujours enregistrés dans plusieurs villes de la Libye, alors que les multinationales sont invitées à revenir dans le pays pour achever les projets dont le cours a été interrompu par la guerre et dont le coût financier est estimé à 140 milliards de dollars,

Pour sa part, le professeur d'Histoire à l'université de Tripoli, Salah Al-gharbi, 55 ans, a affirmé que l'insécurité est due au refus des unités armées de déposer les armes et de se soumettre à l'autorité de l'Etat. Il rejette les rumeurs accusant les partisans de l'ancien régime, en qualifiant ces informations de "simples allégations sans fondement faites par les unités armées pour justifier leur refus de déposer les armes et ainsi protéger leurs intérêts".

Pour Salah Al-gharbi, les rescapés de l'ancien régime ont complètement disparu, après les coups décisifs portés par la Révolution. Aussi se demande-t-il ce que peuvent faire les partisans de l'ancien régime, composés essentiellement d'aventuriers, après la réussite de la Révolution?

Les observateurs font remarquer que la Libye a enregistré des progrès dans le domaine de la démocratisation, après quatre décennies de dictature marquée par l'absence de l’Etat, mais ils estiment que la situation sécuritaire reste inquiétante, notamment avec la circulation en quantités importantes entre les mains des unités armées et de simples citoyens de plus de 20.000 armes.

Le gouvernement britannique avait, le mois dernier, lancé un appel clair et explicite aux ressortissants occidentaux, les invitant à quitter la ville de Benghazi, la deuxième ville du pays, où on a enregistré une série d'assassinats contre des officiers de police et de l'armée et des attaques contre des commissariats et des sièges de missions diplomatiques dont la plus spectaculaires a été celle perpétrée contre le consulat américain, entrainant la mort de l'ambassadeur des Etats-Unis et trois de ses compatriotes.

L'appel de la Grande Bretagne apparaît comme une forte alerte sur l'insécurité qui sévit dans cette ville de l'Est du pays où se trouvent la plupart des groupes jihadistes libyens et qui laisse présager, sur le plan international, de l'impact de la situation sécuritaire en Libye sur la situation générale de la région nord africaine dont trois pays (Libye, Tunisie et Egypte) font parie des pays du printemps arabe.

Par ailleurs, la situation sécuritaire au niveau des frontières, notamment celles du sud du pays reste encore instable, obligeant le gouvernement à élaborer une stratégie instituant des patrouilles communes avec des pays comme le Soudan, le Tchad et le Niger, pour mettre fin aux trafic des armes et l'infiltration des combattants extrémistes de la guerre au Mali.