Tunisie, Hamadi Jebali menace de
démissionner

Publié par Panapress le Samedi 9 Février 2013 à 21h35 - Politique

Hamadi Jebali, le chef du gouvernement tunisien a fait état ce samedi 9 février 2013, de l'éventualité de démissionner de ses fonctions au cas où son projet de nouveau gouvernement n'obtient pas la confiance des partis politiques.

Hamadi Jebali
 

Dans une déclaration à la presse, M. Jebali, également secrétaire général du mouvement islamiste "Ennahdha" au pouvoir, est en conflit avec son parti qui est hostile à son initiative lancée après l'assassinat, mercredi dernier, de l'opposant Chokri Belaïd par des inconnus, mettant en émoi l'opinion publique et provoquant une grande tension dans le pays.

"J'ai pris seul cette décision le jour de l'assassinat, sans consulter les partis politiques, pour éviter que le pays bascule dans le chaos", a-t-il expliqué, précisant que le nouveau cabinet qu'il annoncera "au plus tard au milieu de la semaine prochaine", doit être composé de technocrates apolitiques.

Figure modérée d'Ennahdha, M. Jebali a, par ailleurs, annoncé qu'il ne compte pas se présenter aux prochaines élections, de même que tous les membres du nouveau gouvernement.

Selon lui, les prochains ministres doivent en outre répondre à plusieurs critères: "être d'une compétence reconnue dans leurs domaines, ne pas être impliqué dans un crime contre le peuple tunisien, ni appartenir à un courant politique".

 

Il a, par ailleurs confié à la chaîne "France 24", qu'il projette de remplacer les ministres islamistes à la tête des départements de souveraineté (justice, intérieur et affaires étrangères) par des indépendants, un choix contesté par l'aile dure d'Ennahdha qui tient à garder ces portefeuilles.

Il a déclaré qu'il excluait de soumettre son projet gouvernemental à l'assemblée nationale constituante (ANC) où le parti islamiste et ses alliés disposent de la majorité des 217 sièges.

"Si cette composition est acceptée notamment par les partis représentés à l'ANC , je resterai à la tête du gouvernement, mais en cas de refus ou de retrait de confiance, je m'adresserai au président de la République pour lui demander de désigner un autre candidat pour former un nouveau gouvernement susceptible d'être plébiscité par la Constituante".

L'initiative de M. Jebali, qui vise à "sortir le pays de la crise" dans laquelle il se débat, a été saluée par plusieurs membres de son parti ainsi que par l'opposition et la société civile qui la qualifient de "courageuse et sincère".