RDC - CPI, Mathieu Ngudjolo Chui demande
l'asile aux Pays-Bas

Publié par AFP le Samedi 9 Février 2013 à 11h34 - Justice

L'ex-chef milicien congolais Mathieu Ngudjolo Chui, acquitté le 18 décembre par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes commis en République démocratique du Congo (RDC), a demandé l'asile aux Pays-Bas.

crédit: Robin Van Lonkhuijsen - AP - SIPA
Mathieu Ngudjolo attend le verdict de la Cour pénale internationale, le 18 décembre 2012, à la Haye, aux Pays-Bas
 

"Lors de sa libération du centre de détention de la CPI, M. Ngudjolo a été cueilli par la police néerlandaise car il n'a pas de papiers lui permettant de rester aux Pays-Bas", a expliqué à l'AFP Jean-Pierre Kilenda, avocat de M. Ngudjolo. La CPI siège à La Haye, aux Pays-Bas.

La police a alors conduit M. Ngudjolo à l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol pour le renvoyer en RDC, mais il a immédiatement demandé l'asile.

Il a dès lors été placé en détention dans un centre pour demandeurs d'asile proche de l'aéroport, où les conditions "sont beaucoup moins bonnes qu'au centre de détention de la CPI", selon M. Kilenda.

"Il ne veut pas rentrer en RDC car il a toutes les raisons de croire qu'il est en danger s'il y retourne", a assuré M. Kilenda : "il a témoigné à son propre procès contre (le président congolais) Joseph Kabila".

 

La CPI avait acquitté M. Ngudjolo le 18 décembre, l'accusation n'ayant pu prouver qu'il avait dirigé l'attaque d'un village de République démocratique du Congo ayant fait plus de 200 morts en 2003, mais le procureur a interjeté appel.

Or, lors d'un témoignage dans le cadre de son procès, M. Ngudjolo a accusé le président Kabila d'avoir ordonné et organisé l'attaque contre le village en question, a soutenu l'avocat.

Contacté par l'AFP, le porte-parole de la CPI Fadi el-Abdallah a confirmé la présence de M. Ngudjolo dans un centre pour demandeurs d'asile aux Pays-Bas.

"Le greffe est en train d'évaluer les risques éventuels encourus par M. Ngudjolo s'il était renvoyé en RDC", a indiqué M. El-Abdallah.

La défense a en outre demandé à la CPI que M. Ngudjolo, témoin à son propre procès, bénéficie de mesures de protection des témoins, mais aucune décision n'a encore été rendue à ce sujet, selon M. El-Abdallah.

Ancien dirigeant présumé du Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), Mathieu Ngudjolo était accusé d'avoir voulu "effacer totalement" la population du village de Bogoro, dans la région de l'Ituri.

Le procès s'était tenu en commun avec celui d'un chef présumé d'une autre milice, Germain Katanga, mais les affaires avaient été disjointes en novembre et le jugement contre cet autre chef de milice sera rendu en 2013.

Les affrontements inter-ethniques entre milices qui se disputaient les terres de cette région riche en ressources naturelles, dont l'or et le pétrole, avaient débuté en 1999 et ont, selon l'accusation, "dévasté" la zone. Selon les ONG, ces violences ont fait plus de 60.000 morts.