Mali, l'imam de Tombouctou prône la
tolérance

Publié par AFP le Vendredi 1 Février 2013 à 15h47 - Religion, Société

L'imam de la grande mosquée de Tombouctou, a lancé ce vendredi 1er février 2013, un appel à la retenue et à la tolérance envers les arabes de la ville, lors sa première prêche depuis l'arrivée des forces françaises et maliennes dans la ville.

A la sortie de la mosquée historique Djingareyber, construite au XIVe siècle, l'imam Abdramane Ben Essayouti a déclaré à la presse: "C'était une très belle cérémonie, la mosquée était pleine, tout le monde est ravi".

"Le message, c'était d'inciter les gens à arrêter les pillages, on condamne cela et ceux qui le font seront punis dans l'au-delà parce que biens mal acquis ne profitent jamais", a dit le religieux.

Mardi, des dizaines de boutiques appartenant à des membres de la communauté arabe, accusés d'avoir soutenus les islamistes, ont été pillés par une foule en colère, au lendemain de l'entrée sans combat des soldats français et maliens en ville.

"J'ai demandé aux fidèles de rester calmes et d'éviter l'amalgame" (entre les populations arabes et touaregs, les islamistes et les rebelles, ndlr) et j'ai fait passer "le message du colonel français (Paul Gèze présent à Tombouctou, ndlr) pour que les gens qui ont trouvé les armes les rapportent à la gendarmerie et que les enfants qui entrent dans les maisons abandonnées fassent attention parce que les lieux peuvent être minés", a souligné Abdramane Ben Essayouti.

"De tous temps, on a prôné un islam tolérant" ici, a-t-il dit.

Jeudi soir, l'imam de la grande mosquée avait reçu les aumôniers musulman et catholique de l'armée française et salué le colonel Gèze, devant la grande mosquée, avait constaté une journliste l'AFP.

Avant la prière du vendredi, un muezzin de la mosquée, Khalifa Cissé, annonçait à des journalistes: "la mosquée va être pleine parce qu'on est libres", après dix mois d'occupation de la ville par les jihadistes des groupes armés islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique.

"Je suis fier aujourd'hui, je suis très content, grâce à la France et Dieu merci", a-t-il ajouté. Les jihadistes, "c'était l'islam dans leur bouche, mais pas dans leur coeur. Un vrai musulman ne prend pas les armes, ne tue pas des gens, ne coupe pas la main des voleurs".

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