Afrique du Sud, les mines ne seront pas
nationalisées

Publié par Xinhua le Vendredi 18 Janvier 2013 à 16h22 - Economie

Nationaliser les mines, afin d'éviter les licenciements de masses. Cette proposition, d'une partie de la classe politique sud-africaine n'a pas las le consentement de l'ANC, opposée à cette idée.

Gwede Mantashe
 

L'ANC a présenté au ministère des Ressources minérales une proposition pour mettre aux enchères les mines en difficulté ou manquant de viabilité, a déclaré aux journalistes à Pretoria le secrétaire général de l'ANC Gwede Mantashe.

Le gouvernement "hérite des passifs de capitalistes qui ont fait de l'argent et veulent échapper à la responsabilité liée à la

fin de vie d'une mine", a-t-il dit.

M. Mantashe a tenu ces propos en réaction à l'appel d'un syndicat jeudi pressant le gouvernement de nationaliser l'entreprise Anglo American Platinum (AMPLATS) pour l'empêcher de licencier 14.000 employés.

 

Anglo Platinum, premier producteur de platine au monde, a déclaré mardi qu'il fermerait pour une durée indéterminée quatre de ces puits dans la ceinture de platine sud-africaine, et qu'il vendrait sa mine de l'union, ce qui devrait aboutir à la destruction de 14.000 emplois.

Le licenciement massif prévu par Anglo Platinum offre au gouvernement une opportunité de nationaliser la mine, a déclaré la Fédération syndicale des travailleurs des mines et de la construction (AMCU).

M. Mantashe a condamné la décision d'Anglo Platinum comme " malveillante et insensible". Cette décision d'Anglo Platinum a soulevé une nouvelle fois la question de la nationalisation des mines.

Sabelo Ndlovu-Gatsheni, professeur d'Étude du développement en Afrique à l'Université d'Afrique du Sud (UNISA), a déclaré à Xinhua que les récents développements révélaient un besoin de plus grand contrôle du gouvernement sur le secteur minier, y compris une certaine mesure de nationalisation.

 

Pretoria devrait formuler des politiques donnant au gouvernement davantage d'autorité sur les mines, a-t-il dit. La nationalisation souhaitée par la Ligue de la jeunesse du Congrès national africain (ANCYL) pourrait être une étape vers une solution durable pour stabiliser le secteur minier sud-africain, estime M. Ndlovu-Gatsheni.

Le gouvernement a déclaré de manière répétée que nationaliser les mines n'était pas une option viable pour l'ANC et que cette idée n'était pas dans l'intérêt du pays.

Une étude récente de l'ANC rejette également l'idée d'une nationalisation des mines, mais défend en revanche une hausse des taxes et prélèvements sur les mines.

Nationaliser les mines coûterait à l'Afrique du Sud 1.000 milliards de rands, soit environ 117,6 milliards de dollars, un prix que le gouvernement ne peut se payer, selon cette étude.

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